Transcription et traduction de la cassette d’El Hadj Mamoudou Dia sur l’histoire de Thierno Wothie (Ceerno Wocci) par Madina Abdoulaye Touré
Prière sur le Prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) Salutations d’usage Introduction Toute chose a une explication, toute création a sa limite et toute société humaine a ses bâtisseurs qui ont laissé des traces indélébiles sur leur passage. L’histoire ne se définit pas comme le récit des actes de bravoure de tel individu ou bien la défaite d’un tel autre. L’histoire doit se pencher sur les événements importants qui ont servi d’exemples à d’autres pour améliorer leur existence. Elle ne doit ni dénigrer ni chanter les louanges. Elle se doit d’être objective en restituant à la postérité les faits tels qu’ils se sont déroulés. C’est dans ce cadre que cette causerie va se pencher sur l’histoire d’un village, d’un clan, d’une famille : celle de Ceerno Wocci. Présentation de l’auteur El Hadj Mamoudou Dia est du village de Saldé (Tébégoute), Département de Podor, République du Sénégal, résidant à Dakar. Destinataire de la cassette Sokhna Mariam Touré plus connue sous le nom de Polel Touré, originaire de Wocci et vivant à Dakar. Récit L’histoire qui va être racontée est extraite de plusieurs ouvrages dont voici les références : -Thaqâfatoul Islam Fî Ifrîqiya Sawda -Târikh El Fettâch de Mahmûd Kati -Târikh el Qawâlib -Sulâlatoul Bachariyya -Târikh es Soudan de Abderrahmane Es Sadi -Qasîdatoul Koubrâ d’El Hadj Oumar Tall -Douramoul Hissab Fî Akhbâri Ba’d al Moulouk Soudan -Un écrit d’Alfa Hachimiyou Tall relatif à l’histoire des Haal Pulaar -Un texte de Thierno Zoubayr Aw sur la société Haal Pulaar -Un livre de Thierno Aliou Bouba Ndiyam du Fouta Djallon Tous ces ouvrages parlent de l’Histoire des Noirs, de leurs noms de famille, leurs traditions, leur société. C’est ainsi qu’il est raconté l’histoire de Ceerno Wocci, de la famille Touré, qui s’est distinguée dès le VIIIè siècle de l’ère chrétienne. L’ancêtre des Touré, Mohamed Boun Ibrahim, est venu dans la Vallée du Sénégal avant les Dynasties Manna, Lam Taga, Lam Termes, Déniyanké, Almami. Son appel lancé à Touldé Wocci pour la prêche et la concertation des musulmans se situe entre la période des Dia Ogo et celle des Manna. Tout ceux que la Vallée comptaient comme musulmans ont répondu présents à cet appel. Les Tarikh ont raconté cette rencontre et le fait qu’elle soit sous l’instigation de Ceerno Wocci constitue un premier évènement important et qui fut couronné de succès pour cette famille. Le second évènement important va être celui de l’émigration, de la naissance et de la prise de pouvoir d’un descendant de Ceerno Wocci en l’occurrence Askiya Mohamed Touré, Empereur du Shonghai. Le Târikh El Fettach définit ainsi sa vie : On le nomme El Hadj Askiya Mohamed ben Aboubakr ben Oumar ben Thierno Ousmane ben Thierno Ibrahim ben Thierno Wocci. *Sa naissance à l’année 1443 à Gao *Sa prise du pouvoir à 1493, *Son départ à la Mecque à 1496, *Son retrait du pouvoir à 1529 *Sa mort à 1538. Son départ à la Mecque a suscité beaucoup de commentaires notamment le nombre important de ses compagnons de voyage (des érudits dont l’auteur du Târikh), celui de ses esclaves (900). Son séjour qui a duré un an (9 septembre 1496-29 Août 1497) est rendu célèbre par l’achat, à but humanitaire, d’une maison (à 100 Dinars Or) destinée aux nécessiteux venant d’Afrique. Cette maison, devenue un quartier à la Mecque, s’appelle Misfala. Durant son séjour à la Mecque, Askiya Mohamed Touré fit la connaissance du représentant de la famille du Prophète de l’époque nommé Moulaye Abbass, ainsi que d’un pèlerin savant Cheikh El Moughayri qui accompagnait l’Imam Jelal Eddine Es-Souyouti, l’Islamologue, homme de Lettres et grand savant Egyptien. C’est la rencontre avec cette dernière personnalité qui mérite d’être soulignée du fait de sa singularité. Les deux hommes échangèrent des idées et des civilités en présence de deux autres hommes précités et les propos tenus par Es-Souyouti, pour étranges qu’ils étaient, s’avérèrent justes non seulement au moment de leur proclamation mais aussi dans l’avenir d’Askiya Mohamed. Es-Souyouti lui parla des douze (12) Khalifes dont le Prophète Mohamed (PSL) avait annoncé l’arrivée et la répartition géographique comme suit : -5 de Médine -2 d’Egypte -1 de Syrie -1 d’Irak - ? -2 du Bilad Es-Soudan ou Tekrour Parmi ces deux derniers, Es-Souyouti révéla qu’Askiya correspondait à la description du premier donné par le Prophète (PSL). Le savant prédit entre autre à son interlocuteur un retour heureux dans son pays. Il lui révéla ses origines en affirmant qu’il était originaire d’un pays appelé Fouta Toro ; que son clan s’appelait Torodo et sa langue le Foulani. Il lui annonça une rencontre avec des gens de race blanche à son retour au pays. Il parla de la nombreuse descendance qu’aurait Askiya et de sa longue vie, de la présence parmi ces descendants de Rois et des Savants. Il assombrit le cœur du souverain en lui disant qu’il perdra la vue avant sa mort et que ses descendants, à cause de leur grand nombre et de leur dispersion, se perdront de vue, ne se connaîtront plus et perdront leur langue actuelle, le Sonrai. Quelques uns parmi eux reviendraient au pays de leur ancêtre et réapprendront leur langue originelle. Pour apaiser la souffrance causée par ses révélations Es-Souyouti, le rassura sur la qualité de cette descendance : ils seront tous de bons musulmans, pratiquants. Des délinquants ne se montreront parmi eux que vers la fin du monde. L’Imam Jelal Eddine Es-Souyouti donna comme preuve de ses révélations un fait précis : Il annonça à Askiya Mohamed que celui-ci avait une petite cicatrice logée au creux de l’entre - jambe, du côté de la cuisse droite, si petite que sa propre épouse ne l’a jamais remarquée. Chose que seuls Dieu et le souverain connaissent. Askiya, surprit et confus, confirma et prononça la Chahada en rendant grâce à Dieu et en acceptant toute Sa Volonté. Ces révélations se trouvent principalement citées dans les Tarikh El Fettach de Mahmoud Kati, et Tarikh Es-Soudan de Sa’di (traduits tous les deux en français). En parlant des Woccinaabe pour ne pas dire des Tuurenaabe, on se rend compte que leur histoire ne date pas d’aujourd’hui. -L’appel lancé par Ceerno Wocci au IX è siècle constitue leur premier succès. -L’émigration d’un Ceerno Wocci à Gao, la naissance et la prise du pouvoir par Askiya Mohamed Touré est un second succès. -Son pélèrinage et la maison achetée à la Mecque dans un but humanitaire, une autre réussite. -Sa reconnaissance comme Khalife du Prophète (PSL) et l’avenir qui lui a été révélé par Es-Souyouti un quatrième but remporté
Tous les propos tenus sont ceux de l'auteur et seulement de lui. Certes qui traduit trahit ; mais j'ai essayé d'être le plus conforme possible. |